10 mai 2008
Un frémissement
Je vais au marché depuis que je suis petite. Au départ, avec mon père, tous les samedis matin, au même endroit. Avec lui, j'ai pris l'habitude d'acheter "local", je me souviens du producteur d'épinard qui croyait en sa production et qui a fini par capituler. Il s'est résolu à aller vendre la marchandise que d'autres achetaient au marché d'intérêt national de Toulouse. Il y avait aussi ce vieux monsieur tout voûté qui descendait de la Montagne Noire avec quelques légumes de son jardin. La dame qui venait du centre de la France avec des champignons de Paris frais et d'une qualité exceptionnelle. Le vendeur d'oeufs aussi qui peu à peu a diversifié son activité. Je les connais depuis des lustres, presque 30 ans, ça ne me rajeunit pas !
Il y a eu foncièrement, voilà une dizaine d'année, un gros passage à vide. Sous la halle, là où sont regroupés les producteurs locaux, les rangs se sont clairsemés, il était alors difficile de trouver des produits de pays. Les revendeurs avaient pris toute la place. C'était un peu tristounet, on ne se posait alors pas forcément la question de ce que l'on mangeait. Depuis deux ans mais il me semble que depuis le début du printemps, c'est flagrant, quelque chose est en train de changer, un frémissement pour l'instant qui demande à être encouragé et soutenu. Maintenant, on peut faire son marché uniquement avec des produits de saison cultivé dans la région : des légumes et des fruits (des fraises de pays et de plein champs, ce matin à 5€ les 500g, il y en aura pour une salade de fruits mélangés et pour un litre de glace), du fromage de chèvre, du porc nourri grâce au grain de la ferme, des oeufs, des asperges, des artichauts, des blettes et de la salade, des épinards aussi, des pâtes fraîches et du pain de seigle, des pommes et des kiwis de Montauban. 40 € de produits frais pour une semaine pour 4 personnes. A côté, j'aurais également pu acheter des légumes secs et de la farine bio, de l'huile également mais mon budget était épuisé !
Petit à petit, avec ses moyens, on peut mettre sa pierre à l'édifice. Acheter local, c'est permettre à d'autres de vivre dignement de leur travail. Sans cette démarche, je n'aurais pas forcément consenti à acheter des fraises, mais si on veut que cette dame puisse vivre et soit reconnue pour le risque qu'elle a pris de décider de produire ici et bien il faut l'aider dans cette démarche. C'est une responsabilité de consommateur que l'on a. Ça en vaut la peine. Je file faire la glace.
08 mai 2008
Ondulation venteuse du printemps
07 mai 2008
Qui est-ce qui va ressembler à une baudroie, cet été sur la plage ?
Les pâtisseries, ça finit toujours pas ré-ouvrir ! Pour notre plus grand malheur...
Et oui, j'ai toujours l'APN sur moi.
Et oui, c'est moi qui ai commis la chaussette de portable sise contre le Jésuite.
Et non, je ne vais pas attendre plus pour le manger.
Edit : M'enfin Aline... ici
Inzuste
Une réunion d'élus, peur de se faire éconduire à l'entrée. Conviée à rester, seule femme au milieu de 6 hommes.
Une place difficilement envisageable voilà 1 an.
Impression fugace et pas encore assurée d'avoir fait sa place, plaisir de se sentir à sa place.
Pourquoi alors, encore, s'interroger sur ce que l'on fait là ? Pourquoi ne pas juste profiter des acquis et de la confiance que l'on nous fait ?
Un repas refusé, pas le coffre pour me sentir à l'aise, seule femme au pays des hommes, seule administrative au pays des politiques. Regretter ce refus, fallait-il ? Quand deviendra-t-on assez forte pour assumer ses choix, ses refus et ses acceptations ?
Un sandwich fromage. "Avec du beurre ?". Oui, bien sur. Envie d'autre chose, tiens un Jésuite. Et pourquoi les boulangeries ferment-elles à 13 h ?
Journée de question sans réponse, journée avec le sentiment que l'âge ne fera rien à l'affaire. Certitude de toujours naviguer sur le fil de son incertitude consubstantielle. Agacement d'être ainsi et pas pleine d'aplomb et de certitude.
Saleté de printemps qui épuise les corps et fait vaciller les êtres. Beauté du vert partout, du vert qui donne à penser qu'un jour on sera sans se poser la question du comment.
05 mai 2008
Ben ça alors
J'avais insisté auprès de la dame de la bibliothèque pour qu'elle mette le livre dans la liste des prochains achats. Mon voeu avait été exaucé, donc, la semaine dernière, j'ai pris "Dialogue avec mon jardinier" sur les étagères, avide de le lire. Certes, en ce moment, je ne suis pas très réceptive, il y a des périodes où l'on lit plus facilement que d'autres. Mais quand même. Je n'ai pas vu le film, je ne peux donc pas comparer et encore moins être déçu de l'un par rapport à l'autre. Je suis juste totalement déçue voire agacée.
Le titre me faisait penser à ces discussions que j'aime avoir avec notre voisine, quand nous arpentons son jardin et qu'elle me propose des légumes, qu'elle m'explique des choses sur les habitudes de la ferme. Une atmosphère si particulière dans ce jardin niché au fond du vallon et coincé entre le ruisseau et la colline. Quand j'y vais, en toutes saisons, je n'ai qu'une envie c'est qu'elle me propose d'y faire un tour, sa question de départ est toujours "tu as des tomates ?" ou un autre légume. C'est une entrée en matière, une ouverture pour passer du temps sous les arbres fruitiers, dans les plantations à la recherche des produits mûrs. Il n'y a dans ce qu'elle dit certainement aucune vérité scientifique, elle parle de ses sensations, de son expérience. Simplement, je me laisse bercer. Les jardins sont un espace que j'adore, ma belle mère en a chaque année un qui est magnifique, depuis quelques années, mon père également y passe beaucoup de temps avec succès.
C'est très cul-cul la praline, ce que je dis, certainement, mais le fait même d'y aller, de voir les légumes pousser me remplit de plaisir, mais au vrai sens du terme. Les jardiniers savent très bien parler de ce qu'ils font, ils savent transmettre ce plaisir, tous quand ils prennent le virus apprennent en même temps les mots de la transmission. Je ne connais pas de jardiniers qui ne sachent pas dire ce qu'ils font, l'expliquer et aussi le revendiquer.
Ce livre, c'est exactement le contraire. C'est un type de la ville qui peint les paysages et qui retranscrit la parole de son jardinier. Mais dans cette mise en forme, sans recul, il y a toute la crudité du regard du citadin sur le type de la campagne, tous les clichés, les stéréotypes. Le jardinier est cheminot et ancien alcoolique, il part en vacances et il se préfère chez lui. Je ne sais pas comment bien exprimer ce que j'ai ressenti. En filigrane, l'auteur veut certainement laisser entendre que le jardinier côtoie autant le "beau" que le peintre qui lui consciemment le recherche. Mais, c'est caricatural et tellement méprisant, me semble-t-il. L'absence de mise en perspective par le seul fait de retranscrire des dialogues avec la gaucherie du verbe du jardinier m'a laissé un goût désagréable. L'auteur donne de la profondeur au jardinier malgré le jardinier, il l'instrumentalise en lui conférant un intérêt alors même que le jardinier n'a pas conscience de sa propre profondeur. Il y a du mépris dans cette attitude.
Et vous, comment l'avez-vous ressenti ?
Cheminée Avant - Après
Des images de la cheminée, avant - après. Les travailleurs de l'ombre ont remonté le haut de la cheminée qui était fait de bric et de broc. D'ailleurs, samedi, le maçon leur a proposé de les embaucher quand le chantier sera terminé !
AVANT
Après
Souvenirs d'enfance
Lucien Jeunesse est mort. Que de souvenirs. Tous les jours, nous mangions en famille à midi et le soir, toujours 4 à table, 5 un soir sur deux parce que ma grand-mère venait à la maison. Ma mère était institutrice au village d'à côté, à 800 mètres de la maison. Tout le primaire, ma soeur et moi étions avec elle, c'était une classe unique. Alors le matin, nous partions ensemble, à midi, nous mangions à la maison et c'était toujours comme cela jusqu'au collège où alors nous allions à la cantine. Mon père mangeait également à la maison, il est agriculteur, à la tête d'une vingtaine d'hectares. Mais plus encore, son activité principale était correspondant cantonal du journal régional, autrement dit cela lui prenait énormément de temps. Il passait la matinée à rédiger ses articles et le soir, il était rarement à la maison, par monts et par vaux à courir les réunions diverses et variées.
Tout cela pour dire que la maison était rarement seule. A midi, le repas se terminait toujours par le café pour mes parents, des gâteaux secs pour ma soeur et moi, c'était le moment où mon père allumait la radio sur "Le Jeu des mille francs" en attendant les informations. Mon père ouvrait alors le journal pour voir les nouvelles et si ces articles n'avaient pas, encore une fois, été coupés au montage. Cette voix dans le poste a bercé ma jeunesse. Encore aujourd'hui, j'écoute cette émission.
04 mai 2008
Soufflerie, du verbe souffler, se poser
Hier soir, Charlemagne et Viriato ont terminé la réfection de la cheminée du XVIème, dernier gros point noir du chantier. Viriato perché sur l'échafaudage et Charlemagne à la meuleuse pour tailler les briquettes. Moi, je me suis escrimée sur les planchers pour tenter de les débarrasser des outrages du chantier. Un constat était clairement établi samedi à 19h30 : ras le bol. Les adultes comme les enfants avaient viscéralement besoin de faire autre chose, pas forcément de penser à autre chose tant il est difficile de s'alléger le cerveau de cette entreprise. Direction donc la seconde partie de notre vie de galérien : la décoration. Et quoi de mieux en la matière qu'un bon vide grenier.
Alors pour ce genre de choses, certains s'en remettent à la presse locale, d'autres aux panneaux au bord des routes. Nous, nous avons un filon infaillible, j'ai nommé la Ténardière. Discrètement depuis pas mal de temps, nous sommes dans sa roue mais à distance suffisante pour ne pas se faire repérer. Comme en plus, elle est plutôt du genre "potron minet" et nous potron midi, il n'y a pas de risque qu'elle se sente copiée ou suivie. Le problème, cette semaine, était que notre indic est en vacances, en effet, mon père nous rencarde sur les lieux de destination de notre spécialiste es-brocante. Donc, nous risquions la panne sèche, c'était sans compter sur le poisson rouge au grand nez qui devant notre désarroi faute de lieu de destination nous a vendu la mèche. La Ténardière devait aller à Palaja dans l'Aude. Grand dieu, mais où est-ce donc ? Carte IGN en main nous avons repéré le petit village dans la banlieue de Carcassonne. Donc, ce matin (sic), nous avons pris les enfants et direction l'Aude. Comme j'étais aux commandes de la carte, nous avons mis une heure et quart au lieu de trois quart d'heure, mais la route fut belle et nous avons pu nous restaurer en arrivant à une glorieuse baraque à frites. Le pied universel, comme dessert, des churros, on frisait l'équilibre alimentaire par le bas.
Sur les lieux, une évidence, un vrai vide grenier et pas un attrape touriste. Le Poulet a fait un festival avec ses 3 €, il a trouvé un énorme camion de pompier et un dinosaure. La Bestiole s'est acheté un bracelet et a découvert la formule "comment arnaquer sa mère sans le faire remarquer". Elle avait repéré le dit bijou, elle me demande si elle peut, elle avait 7€, il en valait 4. Mais, madame ne voulait pas donner son billet de 5€ parce qu'elle veut économiser (qui a dit que l'on capitalisait dans cette famille, c'est une ineptie !), bref, et donc elle m'a invité avec larmes à l'appui, à lui octroyer les 2 € manquants. Elle a de l'avenir dans la banque cette enfant ! Et Charlemagne a trouvé la locomotive qui fait de la vapeur de son enfance. Quant à moi, j'ai déniché un portrait d'enfant très joli (2€, oui, oui !) et une liseuse pour le gîte (12€) car j'ai sa soeur dans ma chambre. Soeur que j'avais mis des années à trouver et à un prix bien plus élevé d'ailleurs. Et également un énorme fouet de pâtisserie en fer blanc (0.50€). Des prix incroyables, un choix démentiel, une journée agréable en diable. Elle va où la Ténardière la semaine prochaine ?
02 mai 2008
A la poursuite du pinceau fou
Etiage bas aujourd'hui. Cage d'escalier, graine de sarrazin.
Seconde couche de cuisse de nimphe qui du fait de l'absence de dosage la première fois, se retrouve différente. On dira que la nimphe a pris de l'âge et que sa cuisse a ranci, comme la viande sur l'étal du boucher.
C'est gore, oh oui, c'est immonde, voulez tout de même pas que je sois spirituelle après avoir passé 2 heures à 4 pattes pour nettoyer des planchers qui vivent sous les travaux depuis 2 ans. M'en ont fait voir les sagouins.
De toute manière, là, juste à cet instant, je vous dirais que rien ne va, tout part en sucette, je suis crevée, je vais dire n'importe quoi, si je me laisse aller.
Vaut mieux que je m'éclipse. Bonne soirée.














